Haut

Comment savoir si votre portefeuille a eu un bon rendement ? Hélène Gagné

FinalytixAutres Comment savoir si votre portefeuille a eu un bon rendement ? Hélène Gagné

Comment savoir si votre portefeuille a eu un bon rendement ? Hélène Gagné

Comment savoir si votre portefeuille a eu un bon rendement ?

Hélène Gagné / LesAffaires 7/10/2017

« Hélène, trouves-tu que mon portefeuille a eu un bon rendement ? » Tous les conseillers se
font poser cette question. Voici trois façons d’y répondre, dont une est à éviter. Commençons
par celle-ci.
Les rendements gonflables 

Vous avez un beau-frère ou une collègue dont les rendements sont toujours supérieurs aux vôtres ? Investiguez davantage sur la source de
leurs résultats et la période couverte. J’ai souvent été à même de constater que nombre
d’investisseurs se targuent du rendement obtenu sur un placement spécifique plutôt que
sur l’ensemble de leur portefeuille. Ils omettent ainsi de tenir compte de leur répartition d’actif.
Prenons l’exemple de Robert, qui détient un portefeuille réparti également entre actions et
obligations, mais dont la mémoire est sélective.  Il est fier de vous mentionner son rendement de
20 %. Or, seulement ses actions ont progressé autant durant la période analysée. Comme la
moitié de l’argent de Robert était dans cette catégorie d’actif, son rendement a plutôt été de 10 %
sur ses actions (50 % de 20 %), plus celui obtenu sur ses obligations, moins ses frais. À la lumière
de ces précisions, vous êtes déjà en meilleure position pour comparer le rendement de Robert
au vôtre, en tenant compte bien sûr de votre propre répartition d’actif.

Supposons maintenant que vous rencontrez Jean-Guy à un cocktail. Entre deux gorgées de
scotch, il vous glisse qu’il a fait 20 % depuis un an. Cette fois, Jean-Guy ne détient que des
actions. Il a certes obtenu un bon rendement, mais avant de pâlir de jalousie et de vous débarrasser
de vos obligations, pensez-y à deux fois.  Votre tolérance et vos objectifs vous permettent-ils
de prendre ce niveau de risque ? Le rapport risque-rendement est omniprésent.
Tout investisseur désirant augmenter son pourcentage d’actions, alors que la Bourse est sur
une tendance haussière depuis longtemps, a intérêt à attendre la prochaine correction pour
revisiter la question.

Force est de reconnaître que comparer deux portefeuilles sur la seule base du rendement peut s’avérer un exercice périlleux. Voici des
pistes plus pertinentes.

Un indice de référence

Tout comme le font les gestionnaires institutionnels
(dont ceux des régimes de retraite), vous pouvez comparer votre rendement à celui d’un
indice de référence. Pour un portefeuille équilibré, il faut combiner le rendement de divers indices
boursiers et obligataires en proportion des composantes de votre répartition d’actif.
Ainsi, si vous détenez 60 % en actions réparties également entre des titres canadiens, amé-
ricains et internationaux, ce serait une erreur de vous comparer uniquement à l’indice des
grandes sociétés canadiennes, le S&P TSX 60.  Non seulement ces différents marchés n’évoluent
pas toujours dans le même sens au même moment, mais l’inclusion de titres étrangers
nécessite de considérer l’impact des devises.  Une devise étrangère qui augmente par rapport
au huard bonifie votre rendement, mais l’inverse est aussi vrai.
Le volet de vos titres à revenu nécessite lui aussi d’être mesuré à des comparables valables.
Par exemple, vous pourriez choisir un indice pour vos obligations de qualité tenant
compte de la duration et un autre pour celles à rendement élevé.  En comparant votre portefeuille (rajusté pour
les frais) à un indice de référence, vous comprendrez mieux ce que vous détenez : vous en apprécierez la robustesse ou en découvrirez
les lacunes.

Un indice lié à vos objectifs personnels
Même si vous comparez vos résultats à un indice
de référence, l’essentiel est de savoir si vous progressez au rythme requis pour atteindre
vos objectifs personnels à long terme.  Les Normes d’hypothèses de projection
2017 publiées par l’Institut québécois de planification
financière reflètent la nouvelle réalité des faibles taux d’intérêt. Les planificateurs sont
ainsi guidés quant au taux de rendement espéré à utiliser dans le cadre de votre planification
financière et de retraite.  Lorsque le rendement de votre portefeuille
atteint ce taux à moyen terme, vous pouvez être relativement assuré de réaliser vos projets au
moment voulu. N’est-ce pas ce qui importe le plus pour vous ? Vous aurez alors toutes les
raisons de bomber le torse !

Hélène Gagné, F.Adm.A., est
gestionnaire de portefeuille
chez Gestion privée PEAK (une
division de Valeurs mobilières
PEAK), ainsi que planificatrice
financière et conseillère en
sécurité financière chez Gagné,
Morin & Associés M.T.L.

Aucun commentaire

Laisser un commentaire